Six matchs. Six victoires. Un blanchissage. Et une question qui dérange : le meilleur gardien québécois de sa génération joue-t-il finalement le dimanche soir à Candiac?
Il y a des statistiques qui impressionnent.
D’autres qui surprennent.
Et puis il y a celles de Martin Groleau.
Après six rencontres cette saison, le gardien de l’Avalanche présente une fiche parfaite de six victoires en six départs.
Pas cinq.
Pas cinq et une défaite en prolongation.
Six.
Sur six.
Pendant que la SSHL célèbre son 20e anniversaire, Martin Groleau semble avoir décidé de célébrer à sa façon : en refusant catégoriquement de perdre un match de hockey.
Une performance qui commence à faire jaser.
Et qui nous amène à poser une question aussi audacieuse qu’inutile.
Carey Price était-il réellement aussi dominant qu’on le prétend?
Certains experts feront remarquer que Carey Price évoluait dans la meilleure ligue de hockey au monde, qu’il a affronté les meilleurs joueurs de la planète pendant 15 saisons et qu’une comparaison sur six matchs est complètement absurde.
Ces experts ont probablement raison.
Mais ils oublient un élément fondamental.
Carey Price n’a jamais remporté six matchs de SSHL en six départs pendant la saison 2026-2027.
Martin Groleau, oui.
Voilà une statistique difficile à contester.
LE 4 OCTOBRE : LE JOUR OÙ LES NINJAS ONT DISPARU
Le 4 octobre dernier, l’Avalanche affrontait les Ninjas.
Une rencontre qui aurait normalement dû se dérouler sans attirer l’attention des historiens du hockey.
Mais Martin Groleau avait d’autres projets.
Résultat final : Avalanche 4, Ninjas 0.
Seize tirs.
Seize arrêts.
Aucun but.
Une efficacité parfaite de 1,000.
Pendant 36 minutes, Groleau a transformé le filet de l’Avalanche en véritable zone interdite.
Les Ninjas ont essayé.
Ils ont tiré.
Ils ont probablement espéré.
Mais rien n’y faisait.
À titre comparatif, Carey Price a maintenu un pourcentage d’arrêts de ,917 pendant sa carrière.
Groleau cette saison ?
,950
Pour les amateurs de statistiques, c’est énorme.
Pour les amateurs de logique, c’est une comparaison complètement déraisonnable.
Pour moi, c’est exactement le genre de chiffres qui mérite un article.
Plus impressionnant encore, Groleau a réalisé son blanchissage en seulement 36 minutes.
Carey Price devait généralement travailler pendant 60 minutes pour obtenir le même résultat.
Groleau accomplit donc le même exploit en 40 % moins de temps.
Une efficacité opérationnelle qui ferait rêver n’importe quel directeur des ressources humaines.
Il a même réalisé le même exploit une deuxième fois la semaine dernière !
UNE SAISON PARFAITE DANS UNE LIGUE QUI NE MARQUE PLUS
Il faut également considérer le contexte.
La SSHL traverse actuellement une période offensive particulièrement difficile.
Après les premières semaines d’activité, la moyenne de buts par rencontre était descendue à 4,6, comparativement à 6,89 en 2023-2024.
Une chute d’environ 33 %.
Certains attribuent ce phénomène à l’amélioration du jeu défensif.
D’autres évoquent le vieillissement des joueurs.
Quelques-uns blâment les nouveaux systèmes de jeu.
Mais une hypothèse commence tranquillement à faire son chemin.
Et si Martin Groleau était personnellement responsable de la crise offensive de la SSHL?
Après tout, lorsqu’un gardien refuse systématiquement de perdre, cela finit nécessairement par affecter les statistiques de quelqu’un.
La ligue parle déjà d’une nouvelle Dead Puck Era.
À ce rythme, elle pourrait bientôt devoir parler de la Groleau Era.
Une époque où les attaquants se présentent à l’aréna avec beaucoup d’espoir, pour finalement repartir avec une défaite et quelques questions existentielles.
ET DIRE QUE CE N’EST MÊME PAS UNE SURPRISE
Le plus inquiétant dans toute cette histoire, c’est que Martin Groleau n’en est pas à ses premiers exploits.
Déjà en septembre 2022, alors qu’il portait les couleurs du Tequila Bang Bang, Groleau faisait sourciller les équipes adverses.
L’AVALANCHE A-T-ELLE RÉALISÉ LE VOL DU SIÈCLE?
Rappelons qu’à l’été 2025, Martin Groleau quittait le Tequila Bang Bang pour rejoindre l’Avalanche.
Une acquisition importante qui allait transformer l’identité de l’organisation.
À l’époque, la direction parlait d’un changement de philosophie.
Elle souhaitait notamment miser davantage sur la défensive et la stabilité devant le filet.
Un an plus tard, les résultats semblent lui donner raison.
Six rencontres.
Six victoires.
Une fiche parfaite.
On ignore combien l’Avalanche a dû débourser pour s’assurer les services du vétéran gardien.
Probablement moins que les 84 millions de dollars du dernier contrat de Carey Price.
Ce qui, sur le plan du rapport qualité-prix, représente possiblement l’une des meilleures acquisitions de l’histoire du hockey organisé.
Les Canadiens ont eu Patrick Roy.
Ils ont eu Carey Price.
L’Avalanche a Martin Groleau.
Les comparaisons s’arrêtent généralement là.
Mais visiblement, pas aujourd’hui.
LE TROPHÉE VÉZINA : UNE INJUSTICE GÉOGRAPHIQUE?
Carey Price a remporté le trophée Vézina en 2015.
Une distinction prestigieuse remise annuellement au meilleur gardien de la LNH.
Mais voilà qu’en 2026-2027, Martin Groleau affiche un taux de victoire parfait.
Ce qui soulève une interrogation légitime.
Pourquoi son nom n’apparaît-il pas parmi les candidats au Vézina?
Après quelques recherches, notre équipe journalistique a découvert un détail troublant.
Pour remporter le trophée Vézina, il faut obligatoirement jouer dans la Ligue nationale de hockey.
Une règle qui élimine automatiquement Martin Groleau.
Difficile de ne pas y voir une certaine forme de discrimination envers les gardiens de la SSHL.
Car si le trophée récompensait simplement les gardiens qui gagnent tous leurs matchs, Groleau serait actuellement un candidat difficile à ignorer.
Nous avons tenté d’obtenir un commentaire de la LNH sur cette situation.
Nous n’avons contacté personne.
Mais nous sommes relativement confiants que la ligue maintiendrait sa position.
À QUAND LA PREMIÈRE DÉFAITE?
C’est maintenant la question que tout le monde se pose.
Qui parviendra à infliger une première défaite à Martin Groleau cette saison?
Les Red Knights?
Les Angry Pucks?
Les Hawks?
Le Tequila Bang Bang, son ancienne formation?
Ou faudra-t-il attendre une décision administrative, un problème de circulation sur la route 132 ou une invitation à un souper familial impossible à refuser?
Car sur la glace, jusqu’ici, personne n’a trouvé la solution.
L’Avalanche possède un gardien en pleine confiance.
Ses adversaires, eux, doivent commencer à trouver le temps long.
Et plus la séquence se prolonge, plus les comparaisons deviennent inévitables.
Six victoires consécutives.
Deux blanchissages.
Un début de campagne parfait.
Bien entendu, il reste encore beaucoup de hockey à jouer.
Mais pourquoi attendre la fin de la saison pour exagérer?
LE VERDICT
Carey Price demeure l’un des plus grands gardiens de l’histoire du Canadien de Montréal.
Médaillé d’or olympique.
Gagnant du trophée Hart.
Gagnant du trophée Vézina.
361 victoires dans la LNH.
49 blanchissages.
Un curriculum vitæ impressionnant.
Mais Martin Groleau possède actuellement quelque chose que même Carey Price n’a jamais réussi à maintenir pendant une saison complète.
Une fiche parfaite.
Six victoires.
Aucune défaite.
Et un filet qui, certains dimanches, semble littéralement refuser de laisser entrer une rondelle.
Est-ce suffisant pour affirmer que Groleau est supérieur à Carey Price?
Évidemment que non.
Mais est-ce suffisant pour écrire un article de 1 200 mots qui laisse entendre exactement le contraire?
Absolument.
Car si Carey Price a marqué l’histoire du hockey québécois, Martin Groleau est en train de marquer celle de la SSHL.
Et quelque part, dans sa retraite, Price peut probablement dormir tranquille.
Du moins jusqu’à ce qu’il apprenne qu’un certain numéro 33 vient de remporter son septième match.
Martin Groleau : six départs, six victoires et une candidature au Temple de la renommée que personne n’a encore eu le courage de soumettre.
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